Promotion et mutation : le père de Daphné est aux anges. Ses enfants un peu moins, car le déménagement signifie pour eux quitter leurs copains et copines. Mais la nouvelle maison est si grande et si belle, dans ce pimpant lotissement pavillonnaire d’une riche banlieue parisienne, occupé uniquement par les employés de la société ! Daphné oublie vite ses regrets. Mais pas question de passer pour des ploucs aux yeux des enfants des voisins ! Alors Daphné cherche à leur en mettre plein la vue en réinventant sa vie et ses origines, sans craindre d’accumuler des mensonges plus gros qu’elle. Le problème est qu’elle change de version selon ses interlocuteurs. Et que les choses vont singulièrement se compliquer lors de la réception organisée par ses parents à destination des voisins !
Les romans de Mikaël Ollivier se suivent et ne se ressemblent pas. Cet auteur touche-à-tout excelle aussi bien dans le réalisme que dans le fantastique, la science-fiction, le policier ou ici l’humour. L’énormité croissante des mensonges de Daphné ne manquera pas d’amuser le lecteur, qui aura bien du mal à s’empêcher de rire au récit de la réception, feu d’artifice d’humour, d’une drôlerie virtuose.
| Auteur | Ollivier, Mikaël |
| Éditeur | Thierry Magnier |
| Collection | Roman |
| Parution | 19 janvier 2006 |
| Description | 124 p. ; 21 x 12 cm |
| ISBN 13 | 9782844204226 |
| Prix | 7,50 € |
La vie quotidienne du petit Nicolas, cinq ans, entre l’école maternelle et la maison. Ne pas se fier à l’illustration de couverture ni aux toutes premières pages du récit : c’est à juste titre que l’éditeur a jugé bon de préconiser comme âge de lecture « onze ans et plus », car Marie-Sabine Roger aborde ici un sujet grave, les enfants battus. Elle choisit pour ce faire un angle original en réussissant à éviter tout misérabilisme : le petit narrateur, à la fois du fait de son très jeune âge et sa personnalité, manque du recul nécessaire qui lui permettrait de comprendre l’anormalité et le scandale de sa situation ; les coups qui lui sont infligés ainsi qu’à ses frères font partie intégrante de son quotidien, il ne les vit pas comme quelque chose de révoltant, même si cette situation imprègne ses perceptions et sa représentation du monde.
Ainsi la situation familiale de Nicolas n’est-elle pas livrée de but en blanc au jeune lecteur : c’est d’abord une série d’amusants quiproquos et de mots d’enfants qui vont commencer à lui mettre la puce à l’oreille, jusqu’à ce que ses soupçons se voient confirmés par la description par Nicolas des « corrections » paternelles. Amusement, indignation, apitoiement se succèdent voire se chevauchent, et Marie-Sabine Roger excelle à recréer une langue de l’enfance. Une petite merveille !
| Auteur | Roger, Marie-Sabine |
| Éditeur | Nathan jeunesse |
| Collection | Nathan poche 11 ans et +. C'est la vie !, n° 68 |
| Parution | 15 septembre 2005 |
| Description | 104 p. ; 18 x 12 cm |
| ISBN 13 | 9782092507193 |
| Prix | 4,50 € |
Élève de cinquième, Jérémie découvre au CDI un agenda scolaire oublié par son propriétaire - une fille, en l’occurrence, et qui n’a pas daigné renseigner la page dédiée aux informations personnelles. Jérémie décide dès lors de mener sa petite enquête, afin de découvrir l’identité de la collégienne et de lui rendre son bien. L’agenda en constitue évidemment le point de départ. Force est de constater qu’il a été largement détourné de sa fonction première pour constituer un véritable recueil de confidences et d’échanges clandestins durant les cours. Témoignant de la grande popularité de sa propriétaire, quantité de noms et d’écritures différentes se succèdent au fil des pages. Puisqu’il connaît pas mal d’élèves en dehors de sa classe, Jérémie pense d’abord pouvoir découvrir rapidement l’identité de la jeune fille. Mais, contre toute attente, l’enquête piétine. Au milieu de ces échanges souvent cocasses, il repère alors une voix récurrente, tenant des propos mystérieux et emprunts de tristesse…
La couverture et le sujet laissent augurer une bluette insipide ? Il n’en est rien. Le sujet de ce roman surprenant d’Hélène Montardre est bien plutôt la construction de l’identité et la difficulté à surmonter une épreuve douloureuse. Un livre qui, de surprise en surprise, conduit le jeune lecteur au bord du gouffre et le retient, in extremis.
| Auteur | Montardre, Hélène |
| Éditeur | Rageot |
| Collection | Romans |
| Parution | 5 avril 2006 |
| Description | 122 p. ; 18 x 13 cm |
| ISBN 13 | 9782700232202 |
| Prix | 5,90 € |
Le père d’Anton travaille en Afrique. Et pour mieux se consacrer à sa carrière, sa mère l’a confié à sa grand-mère. Ainsi Anton vit-il seul avec sa mamie, vieille dame très gentille et dévouée mais un peu gâteuse. La vie n’est donc pas rose, on l’imagine, pour ce petit garçon pas comme les autres. D’autant que son instituteur de CM2 ne cesse de le rabaisser, malgré ses airs faussement « cool ». Alors, quand madame Périvaneau, professeur de musique ancienne au conservatoire national de Paris, décèle par hasard son talent pour la musique, le garçon va saisir la chance qui lui est offerte de suivre une scolarité adaptée avec horaires aménagés (cours le matin, musique l’après-midi). Enfin, Anton commence à s’épanouir. Mais parce que madame Périvaneau l’adore et qu’il lui doit tant, le garçon n’ose lui avouer que ce n’est pas la passion pour la musique qui l’a poussé à suivre cette voie mais le souhait d’échapper à son instituteur qu’il déteste. D’abord léger, son sentiment de culpabilité ne cesse d’augmenter. Parviendra-t-il à le dépasser ?
Anton, classifié comme asocial dès la crèche, est en fait un enfant des plus attachants auquel il est facile de s’identifier. Qu’elle écrive pour les enfants ou pour les adultes, Agnès Desarthe témoigne d’une même tendresse pour les personnages en rupture avec leur environnement, en prise à des interrogations. Elle centre ses récits sur leur vie affective et l’évolution intérieure qui leur permet de toujours avancer et de sortir grandis des moments difficiles qu’ils traversent.
| Auteur | Desarthe, Agnès |
| Éditeur | École des loisirs |
| Collection | Neuf |
| Parution | 14 janvier 2004 |
| Description | 94 p. ; 19 x 13 cm |
| ISBN 13 | 9782211072762 |
| Prix | 7,50 € |
Les cambrioleurs croyaient trouver la maison inoccupée. Mais Benjamin, douze ans, n’est pas allé en cours ce jour-là : à cause d’une gastro-entérite, il est resté seul à la maison tandis que ses parents sont partis travailler. Pris au dépourvu, les cambrioleurs hésitent sur la conduite à tenir, avant de finalement décider d’enlever le jeune garçon et de demander une rançon. Les malfrats obtiennent ce qu’ils veulent, Benjamin est libéré. Ils seront bientôt arrêtés par la police - Paulo, l’homme qui a tout fait pour éviter que soit fail du mal au garçon, est grièvement blessé. Pour Benjamin, la vie ne reprend pourtant pas son cours ordinaire. Un mur d’incompréhension se dresse désormais entre lui et ses parents : il ne veut plus dormir dans sa chambre, refuse que le dentiste remplace le bout de dent qu’il a perdu durant sa séquestration, décide de ne plus aller en cours, insiste pour rendre visite à Paulo, entre la vie et la mort…
Au malaise que fait naître chez Benjamin l’approche de la puberté s’ajoutent ses difficultés à surmonter l’expérience traumatisante de l’enlèvement : honte, autoculpabilisation, constat d’impuissance mais aussi de sa propre lâcheté… Si Benjamin suit une psychothérapie, c’est surtout au fil des échanges avec sa nouvelle amie Gabrielle qu’il apprendra à surmonter l’épreuve qu’il a vécue, se réconciliant avec son entourage et avec lui-même. Jean-Marie Firdion signe ici un premier roman pour la jeunesse pertinent et sensible.
| Auteur | Firdion, Jean-Marie |
| Éditeur | Thierry Magnier |
| Collection | Roman |
| Parution | 18 octobre 2002 |
| Description | 95 p. ; 21 x 12 cm |
| ISBN 13 | 9782844201898 |
| Prix | 7,00 € |
Comme tous ceux de sa classe d’âge, Linus Hoppe, quatorze ans, s’apprête à passer l’examen qui décidera de son avenir. Cette société future est organisée en castes : les Sphères. L’élite sociale constitue la Sphère 1, tandis que les travailleurs modestes sont relégués en Sphère 2 et jouissent d’une liberté de déplacement limitée. Les rebelles et les délinquants sont relégués et détenus en Sphère 3. La Sphère 4 « accueille » les malades mentaux. À quatorze ans, les adolescents des Sphères 1 et 2 font l’objet d’un examen assuré par le Grand Ordonnateur, l’ordinateur régissant cette société. Et si officiellement chacun a sa chance, en pratique très peu de jeunes de Sphère 1 se voient relégués en Sphère 2 et très peu de jeunes de Sphère 2 sont promus en Sphère 1.
Né en Sphère 1, Linus a le sentiment que son destin est déjà tout tracé et que sa vie ne lui appartient pas : il est promis à rester en Sphère 1, tandis que son nouvel ami Yosh est condamné à demeurer en Sphère 2 où il vit. Les libertés dont profitent les citoyens de Sphère 1 n’ont pour lui pas de sens si le contrôle même de sa vie lui échappe. Comment affirmer sa liberté ? Linus ne voit que ce seul moyen : rater délibérément l’examen pour être relégué en Sphère 2. Mais comment échouer à un examen dont on ignore tout ? Aussi bien adultes que grands adolescents, aucune personne ayant déjà passé l’examen ne semble disposé à lui révéler en quoi consiste le fameux examen. À moins qu’ils ne le puissent pas…
Malgré quelques invraisemblances, cette histoire de science-fiction en deux volumes se dévore sans peine et constitue pour les plus jeunes une excellente introduction au genre. Bien que parfois en proie au doute et tenté à plusieurs reprises de renoncer à son projet, Linus offre l’exemple d’un grand courage et d’une remarquable persévérance dans son attachement aux libertés à l’équité. Nul doute que son prénom constitue un clin d’œil d’Anne-Laure Bondoux à l’auteur du plus célèbre des logiciels libres.
| Auteur | Bondoux, Anne-Laure |
| Éditeur | Bayard jeunesse |
| Collection | Estampille |
| Parution | 21 mars 2001 / 9 octobre 2002 |
| Description | 250 p. ; 19 x 14 cm / 298 p. ; 19 x 14 cm |
| ISBN 13 | 9782747000581 / 9782747004831 |
| Prix | 12,20 € / 12,00 € |
Dans ce premier volume, le lecteur fait connaissance d’une classe de CM2 et de son maître un rien extravagant, avec sa manie d’affubler ses élèves de surnoms, son obsession pour la règle de trois et son patent manque d’autorité. Les enfants (Jean-Jean-Triplant, Sophie-la-Sagesse, Poupée Barbie, Number-One-Momo, Marlaguette-Lunettes, Cassis, Marinette, Laurier-Rose…) évoquent tour à tour la vie quotidienne de cette classe ni pire ni meilleure qu’une autre. Si les trois livres de Sylvie Chausse ne sont pas sans évoquer Le Petit Nicolas, ils s’en distinguent à la fois par la variété des narrateurs, bien individualisés, et par l’évocation d’un quotidien plus proche de celui des élèves d’aujourd’hui. Et si ces trois romans sont avant tout humoristiques et divertissants, ils n’en pointent pas moins en même temps quelques anomalies de l’institution scolaire.
| Auteur | Chausse, Sylvie |
| Éditeur | Thierry Magnier |
| Collection | Roman |
| Parution | 22 octobre 1998 |
| Description | 84 p. ; 21 x 12 cm |
| ISBN 13 | 9782844200310 |
| Prix |
5,95 € |
Le jeune Luc va apprendre à ses dépens que les sorcières existent. Et que rien ne les distingue à première vue de femmes ordinaires : ni nez crochu, ni chapeau pointu, ni balai magique. Elles peuvent être n’importe qui. Certaines sont même libraires jeunesse. Elles n’en détestent pas moins les enfants, qu’elles transforment en souris.
Le lecteur est rapidement happé par ce roman de Roald Dahl, passionnant mais aussi plus sombre que Charlie ou Le Bon Gros Géant. Si la conclusion peut surprendre, qui délivre un message fort et peu fréquent en littérature jeunesse, elle n’en constitue pas moins un hymne optimiste à la vie.
| Auteur | Dahl, Roald |
| Éditeur | Gallimard jeunesse |
| Collection | Folio junior, n° 613 |
| Parution | 3 août 1998 |
| Description | 238 p. ; 18 x 13 cm |
| ISBN 13 | 9782070513383 |
| Prix | 6,90 € |